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Haïti - CARICOM : Rapport post-visite, du Groupe de Personnalités Éminentes en Haïti 22/08/2024 10:29:09
« En réponse à une invitation du Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et aux appels des parties prenantes, le Groupe de Personnalités Éminentes de la CARICOM (EPG) a effectué une visite en personne en Haïti du 11 au 16 août 2024, afin de vérifier et d’évaluer les progrès accomplis dans le processus de transition pour être en mesure de rendre compte aux chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM). La visite a permis un échange de vues et un dialogue avec des représentants d’un large éventail de la société haïtienne : l’exécutif bicéphale ; le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti ; le Ministre chargé des affaires féminines, les dirigeants du secteur de nomination ; les dirigeants des partis politiques non représentés au CPT ni au gouvernement ; le secteur de la société civile, y compris les associations de femmes et de défense des droits humains ; Les représentants des secteurs religieux et privé, des syndicats et d’un groupe de la diaspora en visite. L’EPG a également rencontré des représentants les principaux partenaires internationaux d’Haïti (Canada, France, États-Unis) ainsi que des représentants du Bureau des Nations Unies en Haïti (BINUH), de l’Organisation des États américains (OEA) et du commandant de la Force de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMSS). La visite au CPT et au Premier Ministre a permis de faire le point sur la situation générale, leurs activités et leurs plans ainsi que leurs préoccupations. L’EPG a été encouragé par le fait que le CPT semble faire des efforts pour surmonter les retards dans la mise en place d’un certain nombre d’institutions et d’entités clés requises par l’Accord du 3 avril entre les parties prenantes, telles que le Conseil électoral provisoire (CEP), l’Organe de contrôle de l’action gouvernementale (OCAG), le Conseil national de sécurité et la Conférence nationale. La question de l’éloignement entre certains secteurs et leurs représentants au Conseil et des frictions qui en résultent a été soulevée. L’EPG a également discuté du malaise des parties prenantes résultant de la non-publication de l’Accord du 3 avril, de l’absence des institutions critiques proposées, de l’inaction du Conseil et de l’impact négatif sur le Conseil, de son inaction face aux allégations de corruption contre trois de ses membres. Une préoccupation majeure exprimée par les deux institutions de gouvernance était les difficultés rencontrées par la police haïtienne et la force kényane pour faire face à l’insécurité. Cela reste la principale attente du peuple haïtien. La préoccupation commune exprimée était que la force kényane était à la fois en sous-effectif et sous-équipée et, par conséquent, n’avait pas la capacité de tenir le territoire récupéré. La nécessité de fournir un financement adéquat à la MMSS pour une résolution rapide de ces pénuries d’équipement et de personnel a été soulignée, des nécessités également requises par la police haïtienne. Pour sa part, le Premier Ministre Conille était parfaitement conscient que la fenêtre d’opportunité ne durerait pas longtemps et que la population attendait une livraison. Il a clairement indiqué que le manque de ressources et l’effondrement des institutions de l’État constituaient des obstacles, mais que des efforts étaient en cours pour résoudre les problèmes socio-économiques et humanitaires critiques qui assaillaient la population. Le Premier Ministre a souligné que, si le problème de l’insécurité n’était pas résolu, les progrès dans d’autres domaines critiques de l’action gouvernementale seraient très probablement compromis. Lors des réunions avec un large éventail de représentants de la société civile et des partis politiques non représentés au sein du CPT et du Gouvernement, il y avait un avis commun selon lequel ce qui était nécessaire était une réinitialisation et une reconfiguration du CPT. Il y avait unanimité concernant les préoccupations et les problèmes soulevés : l’incapacité de l’État à améliorer la sécurité ; la déception face au manque d’impact de la présence des forces kényanes ; l’érosion de la confiance du public dans le CPT, exacerbée par le scandale de corruption et les demandes insistante de retrait des trois conseillers ; la crainte croissantequ’en raison des retards, perçus comme de l’inaction, le processus de transition ne respecte pas l’échéance de février 2026 pour l’installation d’un Président élu. Les représentants des partis politiques non liés au CPT ont dénoncé le caractère non inclusif du Conseil des ministres et les avantages pécuniaires et autres dont pourraient bénéficier, à l'approche des élections, les partis politiques représentés au Conseil par l'intermédiaire de leurs ministres désignés. Les retards dans la mise en place des institutions essentielles, la nécessité d'une plus grande efficacité pour atteindre les principaux objectifs dans les délais impartis et l'impact corrosif des allégations de corruption ont contribué à la fragilité du processus de transition. Les allégations de corruption n'auraient pas pu survenir à un pire moment et nécessiteront une résolution rapide afin de préserver l'intégrité des institutions. et la confiance du public dans le processus de transition. À cet égard, l’enquête menée par l’agence d’investigation anti-corruption sera d’une importance cruciale. Il faut revenir à l’esprit de l’accord de la Jamaïque du 11 mars 2024, qui était fondé sur l’inclusivité, le consensus et la responsabilité. » HL/ HaïtiLibre
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