|
||||||||||||||||||
| Téléchargez le décret et le calendrier électoral révisés, publiés au journal officiel |
|
|
Haïti - OEA : Discours de l’Ambassadeur d’Haïti Gandy Thomas sur les personnes d’ascendance africaine 18/10/2024 10:00:59
Mercredi 16 octobre 2024, lors de la Session ordinaire du Conseil Permanent de l’Organisation des États Amériacains (OEA), le Représentant d’Haïti, l’Ambassadeur haïtien Gandy Thomas est intervenu sur la question des « personnes d’ascendance africaine : reconnaissance, justice et développement durable », inscrite à l’Agenda Discours de l’Ambassadeur Gandy Thomas : « […] Monsieur le Président, Ma délégation se réjouit de voir inscrite à l’ordre du jour de cette session du Conseil Permanent la question des « personnes d’ascendance africaine : reconnaissance, justice et développement durable ». Nous tenons à remercier la Mission Permanente de la Colombie pour avoir pris l’initiative de cette importante séance. Permettez-moi également de féliciter les éminents panélistes pour leurs interventions éclairantes sur cette thématique, particulièrement cruciale pour mon pays, Haïti. Monsieur le Président, L’inhumain commerce des captifs africains vers les Amériques, en particulier vers Saint-Domingue, demeure l’un des plus grands génocides de l’histoire de l’humanité. Même au XVIIIe siècle, ceux qui soutenaient encore la traite négrière étaient conscients, dans une certaine mesure, que ce commerce violait profondément les principes humains et moraux. La Révolution haïtienne de 1804, en marquant une rupture irréversible dans l’ordre esclavagiste mondial, a allumé la flamme de la liberté, une flamme qui a embrasé non seulement Haïti mais aussi le monde entier, en particulier le continent que nous représentons fièrement au sein de l’OEA. L’esclavage a été à juste titre reconnu comme un crime contre l’humanité, une reconnaissance renforcée par des législations comme la loi Taubira de 2001 en France. Les Pères fondateurs d’Haïti, dans un élan de solidarité révolutionnaire, ont soutenu les dirigeants des nations sœurs dans leur lutte contre le colonialisme et pour l’émancipation politique. En retour, Haïti n’a demandé qu’une seule chose : l’abolition de l’esclavage partout où les idéaux de liberté et de justice seraient promulgués. C’est dans cet esprit que le Panaméricanisme a trouvé ses racines. Monsieur le Président, Pendant des siècles, les personnes d’ascendance africaine ont été systématiquement marginalisées en raison de l’héritage persistant de l’esclavage et du colonialisme. Le racisme structurel et la discrimination raciale les ont privées de nombreux aspects de la vie publique, les plongeant dans la pauvreté et souvent dans une “invisibilité” statistique, malgré leur poids démographique considérable. Comme le souligne la résolution récemment adoptée par ce Conseil, plus de 200 millions de personnes d’ascendance africaine vivent dans les Amériques, représentant près d’un tiers de la population régionale. Cette résolution reconnaît, à juste titre, leur rôle crucial dans la conservation de la diversité biologique. Bien que des progrès aient été réalisés, les inégalités demeurent profondes. Les événements récents dans les Amériques révèlent que la lutte contre le racisme structurel et les comportements discriminatoires est loin d’être achevée. Ce racisme, souvent subtil, s’infiltre jusque dans les plus hautes sphères de l’État, alimentant des discours haineux et menaçant la sécurité des populations afro-descendantes. La résolution que nous avons adoptée réaffirme qu’environ 200 millions de personnes s’identifiant comme Afro-descendants vivent dans notre hémisphère. Que ces individus soient descendants d’esclaves ou migrants, ils figurent parmi les populations les plus vulnérables et marginalisées. À l’instar de la Convention sur la diversité biologique de 1992, il est fondamental de reconnaître que la diversité raciale est une richesse pour nos sociétés. Toute forme de discrimination raciale est une aberration qui doit être rejetée avec la plus grande fermeté. Monsieur le Président, La reconnaissance de ce sujet à l’ordre du jour nous offre l’occasion de saluer l’énorme contribution des Afro-descendants au développement des grandes nations de l’Occident. Cependant, nous devons aussi nous interroger sur leur situation actuelle, notamment dans les Amériques. Il est bien établi que les comportements discriminatoires ont un lien direct avec la persistance de la pauvreté. Aujourd’hui, plus des deux tiers des Afro-descendants dans les Amériques vivent encore sous le seuil de pauvreté. Les facteurs de cette pauvreté sont essentiellement structurels. L’inégalité d’accès aux services essentiels, tels que l’éducation, la santé, le crédit et les technologies modernes, demeure une réalité accablante. Nos États ont la responsabilité de renforcer les programmes de lutte contre la pauvreté, en tenant compte des besoins spécifiques des personnes d’ascendance africaine. La Convention sur la diversité biologique invite à l’allocation de ressources financières pour atteindre ses objectifs. Il serait juste que nos États, en reconnaissant la contribution des Afro-descendants à la préservation de la biodiversité, renforcent également les mécanismes financiers pour soutenir leur émancipation, notamment en les aidant à sortir de la pauvreté. L’héritage de Jean-Jacques Dessalines, nous rappelle que la lutte pour la justice et la reconnaissance des Afro-descendants est loin d’être achevée. Nous avons le devoir de continuer cette mission, en combattant l’exclusion et en renforçant l’inclusion des Afro-descendants dans les bénéfices du développement durable. Je vous remercie. » HL/ HaïtiLibre
|
|
|
Pourquoi HaïtiLibre ? |
Contactez-nous |
Charte de modération |
Privacy policy |
English
Copyright © 2010 - 2026 Haitilibre.com -n |